FOUDRE Une légende en quatre saisons

FOUDRE interview pour le festival Tmobile New Horizons

2 juillet 2013 /

Natalia Kaniak :

Votre film est une histoire de lumière et d’orage. Qu’est-ce qui vous foudroie au cinéma ?

Manuela Morgaine :

Ce qui me foudroie le plus c’est le fait qu’on puisse donner l’immortalité à nos personnages. Par exemple, L’HOMME DE NOSTALGIE, un des personnages de FOUDRE, est décédé la semaine dernière, mais sur l’écran, il existe pour toujours.  Un film est avant tout une histoire d’amour et de mémoire, et la lumière réfléchie sur la pellicule une empreinte de nous-mêmes.

NK :

Alors que le cinéma s’éloigne des grandes narrations, votre film est basé sur quatre immenses histoires…

MM :

Quatre histoires qui  sont une variation sur un seul thème, la foudre. Une variation sur la lumière, sur laquelle s’ouvre le film, mais aussi l’histoire du phénomène du cinéma.  En quatre saisons, j’ai tenté de capter ces uniques variations de lumière. En premier lieu à travers un chasseur d’éclairs et cinq témoins foudroyés, puis à travers des patients mélancoliques soignés par électroconsulsivothérapie, et pour finir un couple sous l’emprise d’un coup de foudre amoureux.  En français nous avons l’expression « coup de foudre » Etre frappé . Je voulais que chaque saison soit traversée identiquement avec la même intensité. La toute dernière scène rassemble tous les personnages dans une danse d’unité.

NK :

FOUDRE consiste en un mélange de documentaire et de fiction.

MM :

Environ quarante minutes du film sont consacrées aux archives vidéographiques d’Alex Hermant, le chasseur d’éclairs. Et comme acteurs professionnels, nous n’avons que les amoureux dans la saison d’été. Tout le reste du film est interprété par des « vrais gens », des non-acteurs qu’il a fallu chercher pendant des années.

N.K :

Vous êtes une artiste pluridisciplinaire. Est-ce que cela aide à faire des films ?

MM :

En tant que réalisatrice je dois connaître toutes les chaines de la création. Pour moi avoir travaillé longtemps dans le théâtre m’a beaucoup aidé à diriger les acteurs.

N.K :

Vous avez produit le film vous-même, mais pour la distribution vous avez  eu recours à une campagne de crowdfunding. Est-ce que tout cela vous a donné un sentiment d’indépendance ?

MM :

Plutôt un immense sentiment de solitude et de peine. Je rêvais pour FOUDRE d’avoir  une vraie équipe technique pour arriver à réaliser un film d’auteur à la mesure de son ambition.

 

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Nicolas Dehorter / translations David H. Pickering